Arnaud de Puyfontaine
lundi 6 février 2006

Arnaud de Puyfontaine

Président de Emap France, Président de l’APPM.

revolution de papier.

Pour certains, la presse écrite est déjà un vieux média hérité d'un vieux continent. Comme la radio, sa cadette. Comme aussi, déjà, la télévision, passée aujourd'hui au stade industriel. Que nous vaut un tel constat ?

La révolution Internet est passée par là. Pour certains, ce ne fut d'abord qu'une lubie passagère d'informaticien, pour d'autres un fugace eldorado pour investisseurs. Autant de visions partielles et éphémères qui occultent l'avènement d'Internet comme celui, d'abord et avant tout, d'un nouveau média.

Tout notre univers médiatique est désormais dominé par les écrans, l'instantanéité et la gratuité. Tels sont les termes de la nouvelle donne médiatique qui ne cessent d'exercer une influence croissante sur l'ensemble des medias au point d'estomper, voire de rendre caduc les frontières traditionnelles entre eux.

Loin d'être inquiétante, cette approche globale des medias est au contraire salutaire. Elle créée un formidable appel d'air pour engager la nécessaire réforme de la presse écrite confrontée aujourd'hui à une désaffection qui, sans être inéluctable, n'en est pas moins préoccupante. Les causes sont connues de tous : baisse du lectorat et des ressources publicitaires, concurrence d'Internet et des nouveaux medias, crise de la distribution, difficultés croissantes des diffuseurs de presse.

Cette crise relève de causes qui imposent aux medias une réflexion commune pour trouver des solutions qui garantissent le renouveau et la pérennité de la presse écrite.

Plus agiles et plus réactifs, les opérateurs du mobile et de l'Internet ont ouvert la voie et explorent de nouvelles façons d'appréhender la presse. Pour preuve le phénomène éditorial de l'année qui aura été l'apparition de nouveaux magazines inspirés d'émissions télé. Pas moins de 6 nouveaux titres de ce genre auront été lancés cette année avec plus ou moins de bonheur. Internet n'est pas en reste avec le site Netizen qui lance son propre magazine dédié à l'actualité des blogs.

Dans cette imbrication croissante des medias, le fait que la télé et Internet montrent à la presse la voie de son renouveau n'est, en ce sens, pas le moindre des paradoxes.

A son tour, la presse écrite doit leur emboîter le pas et trouver les chemins de sa réinvention. Même si tous les concepts ne sont pas transposables, le haut débit, la technologie 3G offrent aux contenus rédactionnels de la presse magazine autant de nouveaux vecteurs de diffusion. Jeter des ponts vers Internet, le mobile, le numérique, voilà où se trouve l'avenir de la presse écrite.

Un tel tournant suppose un certain volontarisme que les acteurs de la presse tardent à démontrer. Il est vrai que l'organisation et le fonctionnement de la presse ne les ont pas préparés à cette révolution. Pendant trop longtemps, la presse s'est contentée du service minimum à l'égard de ses consommateurs. Il faut aujourd'hui inverser la tendance et remettre le lectorat au cœur de nos préoccupations. Le consommateur attend des medias qu'il sollicite une relation active, un échange personnalisé, une rencontre interactive.

La réforme de l'industrie de la presse dépendra de sa capacité à répondre à ces nouvelles attentes et à jouer la carte de l'interactivité.

Lundi 6 février 2006.

Posté par le 6 février 2006
Arnaud de Puyfontaine
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