mercredi 5 avril 2006

Sur un trimestre et une époque qui s’achèvent

Le pari de ce blog était de questionner la communication à travers les sciences humaines et de parier sur le basculement d’une époque et le commencement réel cette année du nouveau siècle, d’une nouvelle ère. Tout ce qui nous arrive en ce moment, et un peu de recul sur ce premier trimestre (comme les financiers nous aurions nos quarterly analysis !!) confirme vraiment ce sentiment.

Outreau, non pas pour y revenir, mais juste pour dire que la justice était la seule institution en laquelle les Français avaient confiance, c’est en direct que l’exorcisme sacrificiel va avoir lieu pour que les médias n’y reviennent plus ensuite, alors que les auditions se déroulent toujours. Le virus de la grippe aviaire a fait son apparition dans nos angoisses collectives, mais il semble que les oiseaux aient changé de flux migratoires depuis que le CPE est sur nos antennes. Ségolène Royal sort de nulle part, sans projet politique, ne prend pas part au combat politique sur le CPE et s’envole dans les sondages, symbole de quelque chose qui doit bien être en dehors de sa propre candidature. Suez et Enel, le feuilleton n’est pas fini, mais déjà n’en parle-t-on plus, alors qu’Arcelor ne semble intéresser personne.

Mais sur quels critères se choisit l’actualité ? Pourquoi n’en avons-nous qu’une vision émotionnelle et surtout sans suite ni fil conducteur, sans projet ?

Je ne fais plus partie de ceux qui vilipendent les médias. Ils ne sont que le reflet d’une époque. La boulimie est là. La consommation compulsive de l’époque est là. On avale tout, on gobe tout, aux deux sens du terme. Comprendre et analyser cela, c’est déjà faire un pas décisif dans la définition de cette époque qui bascule, et dans sa préhension.

Nous sortons de trois siècles d’une histoire dite moderne et il faut comprendre que nous changeons d’époque. Un corps social a un immergé qui est plus fort que son émergé. J’ai eu le bonheur d’une discussion de trois heures avec Michel Maffesoli à l’Ecole Normale Supérieure rue d’Ulm, lundi soir, et il doit être relu sur cela et pour l’analyse qu’il livre sur aujourd’hui. Il aime à rappeler qu’un philosophe, Thomas Kuhn, a longuement expliqué pourquoi des choses arrivent à un moment et pas à un autre, pourquoi des découvertes se font à un moment et pas à un autre ? Il appelle cela le paradigme, mot pris au sens plus large que celui qu’il a pris. Aujourd’hui, on pourrait parler de matrice. Un exemple : l’esprit protestant d’après Max Weber a permis au capitalisme de progresser et prospérer.

Y a-t-il un paradigme, aujourd’hui, qui explique ce qui se passe et donne une clé de lecture sur aujourd’hui.

Nous vivons sur un legs du XVIIème siècle, et une époque est donc probablement en train de s’achever. Au centre de l’époque moderne qui s’achève, l’individu. L’individu est une création récente, il date de Descartes, « Cogito ergo sum », je pense donc je suis, on devient maître et possesseur de la nature et avec Rousseau, on va comprendre que l’homme devient autonome, est sa propre loi et contracte socialement avec les autres. Quatre mots vont le guider. Le travail d’abord, qui d’après Kant est la réalisation de soi et la réalisation de l’autre, un impératif catégorique. Si la Bible dit « au début était le verbe », les Temps Modernes avec Goethe vont dire « au début était l’action ». Second mot : la raison. Elle gagne toute la société par capillarité. Troisième mot : utile. Heidegger parlera d’ « ustensilarité », ce qui prévaut c’est ce qui sert, ce qui est manoeuvrable, manipulable. Enfin, dernier mot : le futur. Dans la triade du temps, entre présent, passé, futur, on a choisit le futur. Ce qui est important, c’est demain. De ces quatre mots, naît l’idéologie du progrès qui a régit le monde depuis trois siècles.

Aujourd’hui, cette époque s’achève, ce qui l’a caractérisé c’est l’individu, il s’est éclaté aujourd’hui. On est passé de l’individu à la personne. En Latin, personne c’est personae, c’est le masque. On assiste à une fragilisation de ce qui était le pivot, l’homme était autonome, il devient hétéronome, la loi c’est l’autre qui me la donne, je n’existe que sous le regard de l’autre. Nous avons parlé la semaine dernière de l’hystérie identitaire, c’est une autre approche, mais convergente. La personne est dépendante des représentations. On ne gère plus que de la rationalité, mais de l’affectif.

Nos quatre mots explosent et changent, travail devient création. Faire de sa vie une œuvre d’art disait Nietzsche, or on était accrochés au travail, définis par lui, nous sommes désormais plus divers. Deuxième mot : l’être tout entier. Le corps rejoint la danse et pour longtemps. La raison, donc la tête, n’est plus la loi unique. Utilitarisme ? Non, désormais esthétique. Les choses ne sont plus là uniquement parce qu’elles servent. Ce qui est important c’est de ressentir, vibrer. Et plus de futur. Ici et maintenant. C’est là que tout doit se créer, se ressentir, être. Tout, tout de suite. Dans ce cadre, on ne consomme peut-être plus, on consume. Pour faire le lien, on consume ce qui nous permet d’affirmer notre hystérie identitaire et en même temps, on consume ce qui nous permet de jouir tout se suite de ce dont on a envie. Une double fuite en avant.

Alors, dans une société où le travail n’est plus ce qui vous épanoui, le CPE n’est pas attaqué sur le fond, mais sur le symbole d’une réduction de la vie à la sphère du travail. Quand le besoin est de ressentir, communier, alors oui des manifestations s’organisent. On remet en cause un temps, un impératif de croissance à tout prix. Des groupes aux attentes différentes manifestent. Ils n’ont rien en commun. Les syndicats ont un objectif, les forces lycéennes et étudiantes un autre, et les jeunes qui détroussent un autre. Demain, cela peut déraper, mais pas forcément par affrontement entre les forces de l’ordre et les manifestants, ce peut être entre les jeunes et les syndicalistes, car la haine est là. Elle est là et elle est sanctuarisée par l’intervention du chef de l’Etat. Il n’a rien apporté dans son intervention, si ce n’est de la tentative de manipulation dans la tradition politicienne. Il continue d’exacerber la rivalité entre ses deux lieutenants. Le 49-3 c’est de sa faute. En nommant Dominique de Villepin, il a organisé la compétition. L’arsenal législatif fut sorti pour aller plus vite, et que le premier ministre puisse démontrer que la rupture c’était lui, maintenant.

En refusant d’abroger, en choisissant une intervention où sur fond figé d’un autre temps que l’on aurait dit incrusté, le décalage son/voix, les lunettes carrés à mourir de rire, la communication ne passe pas. On peut voire la haine s’ajouter à l’incompréhension. Le monde change donc, les politiques ne le comprennent pas. La bulle médiatique est autonome par rapport à la société. Pourvu que l’on se sorte du dilemme drame- tragédie. Le drame au moins se termine par une résolution qui succède à la convulsion, la tragédie elle, se termine mal, sans résolution. Encore une fois, en 400 après JC, l’Empire Romain s’effondre… A l’époque, des tribus chrétiennes se glissent dans les interstices et préparent demain. On ne les voit pas et à Byzance, se prépare demain également. Et se prépare le Moyen-âge et ses trois cent jours chômés, déjà le refus du travail, Dyonisos contre Prométhée. Il faut chercher aujourd’hui les interstices, et ce qui se prépare, probablement dans nos cinq millions de blogs, et trouver Byzance, la base de repli. Ce serait bien si cette fois, on ne mettait pas dix siècles à renaître.

Par Philippe Lentschener, mercredi 5 avril 2006.

Posté par le 5 avril 2006
Société
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[+/-]  Le 5 avril 2006 - 11:42 Corentin a dit :

Tout d’abord félicitations pour aborder la communication sous l’angle des sciences humaines, cela nous offre des perspectives jusqu’alors peu utilisée dans les différents blogs « pub, marques, consommation… »

Néanmoins, j’ai quelques réserves à émettre sur votre article, je regrette votre prise de position centrée sur la France (après votre post sur l’Europe!) Le CPE, Outreau sont bien sur révélateurs de certains maux d’une société mais pas foncièrement rattachés a l’Europe ou au monde… La mondialisation comme l’a été avant l’industrialisation puis l’exode rural… participent à un changement radical d’une société a la différence que la mondialisation rend la chose plus complique pour les différents pays… La France a une tradition de rupture violente. Le changement se fait dans la douleur le sang les larmes… Il ’y a qu’à prendre en exemple la révolution, la décolonisation…

Il est indéniable que le 21 siècle marque un tournant important mais pas plus que ne l’ont été l’industrialisation et l’exode rural… Alors sommes nous capable d’envisager cette mutation autrement que dans la violence ? Ce serai en effet bien de ne pas mettre plusieurs siècle avant de s’en rendre compte !!

[+/-]  Le 5 avril 2006 - 15:54 geraldine weltovich a dit :

vous avez de tres bonnes idees philippe ,je vous sens tres tourne vers des ideaux ,vous avez un cote revolutionaire ,vous etes d une autre epoque beaucoup plus pure ,beaucoup idealiste ,vous etes un mec bien

.

[+/-]  Le 5 avril 2006 - 16:10 polomack arthur a dit :

Des personnes dans mon entourages disent que vous etes conseils pour des hommes politiques ,on sais que votre copain tapiro est avec sarko et vous ,vous roulez pour qui?

[+/-]  Le 5 avril 2006 - 23:31 Christophe Cochart a dit :

1. je trouve votre article très instructif et c'est suffisament rare pour être remarqué.
2. la bulle médiatique influence la société, elle n'est pas autonome comme vous le pensez. C'est elle en effet qui fabrique des Ségolène Royal ou des Nicolas Sarkozy. On peut se demander d'ailleurs qui influence cette bulle ???
3. Je ne peux pas vous laisser écrire que les différents groupes qui manifestent n'ont rien en commun. Et c'est justement ce qui est étonnant aujourd'hui, c'est ce rassemblement entre étudiants, lycéens et syndicalistes. Et ils ont deux points communs : être contre le CPE et vouloir créer un projet de société tant pour les jeunes que pour l'ensemble des salariés. Encore faut-il que les autres partenaires dont le patronat et l'Etat s'associent à ce projet !

[+/-]  Le 6 avril 2006 - 9:39 Roland a dit :

Bref attendons une nouvelle renaissance ! au moins il y a un fil conducteur et une grande constance chez Philippe Lentschener

[+/-]  Le 6 avril 2006 - 17:12 greg a dit :

Bonjour Philippe,


D’abord bravo pour ce blog qui chaque semaine m’étonne un peu plus.
Je vous envie d’avoir pu dialoguer avec Michel MAFESSOLI, un sociologue dont j’ai pu suivre quelques conférences, dont l’une très intéressante sur les mythes et la publicité. Un esprit brillant dont on devrait s’entourer plus souvent.
D’une manière générale, le fait d’associer publicité et sciences humaines est une idée que je défends aussi, et si votre agence applique ce raisonnement, ça donne envie de travailler pour vous.

Il ya beaucoup de choses dans le poste de cette semaine, vos commentaires sont toujours aussi riches et souligne encore de nombreux thèmes. Je ne veux pas faire de ce commentaire un scan de votre pensée, mais je pense que la richesse de ce « quarterly analysis » nécessite de suivre votre cheminement de pensée :

« Outreau, non pas pour y revenir, mais juste pour dire que la justice était la seule institution en laquelle les Français avaient confiance, c’est en direct que l’exorcisme sacrificiel va avoir lieu pour que les médias n’y reviennent plus ensuite, alors que les auditions se déroulent toujours. Le virus de la grippe aviaire a fait son apparition dans nos angoisses collectives, mais il semble que les oiseaux aient changé de flux migratoires depuis que le CPE est sur nos antennes. Ségolène Royal sort de nulle part, sans projet politique, ne prend pas part au combat politique sur le CPE et s’envole dans les sondages, symbole de quelque chose qui doit bien être en dehors de sa propre candidature. Suez et Enel, le feuilleton n’est pas fini, mais déjà n’en parle-t-on plus, alors qu’Arcelor ne semble intéresser personne. »

je crois que ce qui unit tous ces symptômes c’est la défiance voire la peur. Si on liste, comme vous le faîtes les principales « couv », on voit bien que la peur est multiforme, mais omniprésente et je crois que c’est ce climat de peur, qu ‘elle soit, sociale, médicale, politique, professionnelle, c’est cette peur qui guide le mécontentement générale, quand on a peur, on se recroqueville sur soi même, on dit non. Non à l’Europe, non au CPE, non à l’immigration, non, non, non. Et le problème principal, c’est que cette peur touche tout le monde. En 68 les jeunes croyaient en l’avenir, aujourd’hui, les jeunes (dont je fis partie) c’est la « génération non non » comme le chante Diam’s. Les jeunes ont peur du présent, parce qu’ils ont peur de l’avenir. Il y a peu nous parlions de « la France d’après » le slogan de Nicolas SARKOZY, on peut également se pencher sur un autre : « Désir d’avenir » (celui de Ségolène ROYALE), pour s’apercevoir qu’il mise tous les 2 sur la même chose : le futur et la volonté de le conjuguer au présent.

« Nous sortons de trois siècles d’une histoire dite moderne et il faut comprendre que nous changeons d’époque. Un corps social a un immergé qui est plus fort que son émergé. J’ai eu le bonheur d’une discussion de trois heures avec Michel Maffesoli à l’Ecole Normale Supérieure rue d’Ulm, lundi soir, et il doit être relu sur cela et pour l’analyse qu’il livre sur aujourd’hui. Il aime à rappeler qu’un philosophe, Thomas Khun, a longuement expliqué pourquoi des choses arrivent à un moment et pas à un autre, pourquoi des découvertes se font à un moment et pas à un autre ? Il appelle cela le paradigme, mot pris au sens plus large que celui qu’il a pris. Aujourd’hui, on pourrait parler de matrice. Un exemple : l’esprit protestant d’après Max Weber a permis au capitalisme de progresser et prospérer. »

le paradigme de Michel MAFESOLLI, me rappelle le « grand homme » d’Hegel, qui parlait des grands personnages de l’histoire qui avaient su capter « l’esprit du temps » pour faire avancer l’histoire quitte à finir comme « des douilles vides » (Napoléon, Alexandre…). Alors qu’au temps d’Hegel l’esprit du temps était capté par un seul, c’est aujourd’hui le collectif qui s’approprie l’esprit du temps.
Dans L’éthique protestante ou l’esprit du capitalisme, Weber explique de manière historique comment et pourquoi le capitalisme a pu se développer. C’est un raisonnement à la fois historique, religieux et idéologique. Cette analyse est donc une étude transversale qui unit en son sein les principales sciences humaines, un peu comme ce que nous faisons sur ce blog : oublier les carcans, fusionner les sciences humaines, réfléchir aux dynamiques de pensée.

« Nous vivons sur un legs du XVIIème siècle, et une époque est donc probablement en train de s’achever. Au centre de l’époque moderne qui s’achève, l’individu. L’individu est une création récente, il date de Descartes, « Cogito ergo sum », je pense donc je suis, on devient maître et possesseur de la nature et avec Rousseau, on va comprendre que l’homme devient autonome, est sa propre loi et contracte socialement avec les autres. Quatre mots vont le guider. Le travail d’abord, qui d’après Kant est la réalisation de soi et la réalisation de l’autre, un impératif catégorique. Si la Bible dit « au début était le verbe », les Temps Modernes avec Goethe vont dire « au début était l’action ». Second mot : la raison. Elle gagne toute la société par capillarité. Troisième mot : utile. Heidegger parlera d’ « ustensilarité », ce qui prévaut c’est ce qui sert, ce qui est manoeuvrable, manipulable. Enfin, dernier mot : le futur. Dans la triade du temps, entre présent, passé, futur, on a choisit le futur. Ce qui est important, c’est demain. De ces quatre mots, naît l’idéologie du progrès qui a régit le monde depuis trois siècles.
Aujourd’hui, cette époque s’achève, ce qui l’a caractérisé c’est l’individu, il s’est éclaté aujourd’hui. On est passé de l’individu à la personne. En Latin, personne c’est personae, c’est le masque. On assiste à une fragilisation de ce qui était le pivot, l’homme était autonome, il devient hétéronome, la loi c’est l’autre qui me la donne, je n’existe que sous le regard de l’autre. Nous avons parlé la semaine dernière de l’hystérie identitaire, c’est une autre approche, mais convergente. La personne est dépendante des représentations. On ne gère plus que de la rationalité, mais de l’affectif. »

En ce qui concerne cette partie, j’ai envie de rebondir sur votre lecture historique. Je pense que l’humanisme de Descartes « Cogito ergo sum », est une mise en lumière de l’importance de l’homme, dans son humanisme, et dans son sens collectif. Je pense que c’est aujourd’hui (et pour longtemps) que l’individu s’impose. Au XVIII, Descartes c’est l’homme qui devient autonome, il s’émancipe à la fois de Dieu et de la Nature. Aujourd’hui l’individu s’émancipe de l’homme, chaque individu consomme et consume sa propre humanité, régie sa personne grâce à tous ses masques, toutes ces personnalités, et toutes ces identités qui s’accumulent dans le temps et l’espace et dont les intérêts divergent : père, patron, mari, électeur, piéton, conducteur… autant d’identité, autant de masques, auteur de valeurs, et de subjectivités aussi.
Et s’il est vrai que « Dans ce cadre, on ne consomme peut-être plus, on consume ». Pour faire le lien, on consume ce qui nous permet d’affirmer notre hystérie identitaire la façon de le faire elle, diverge totalement.
On peut consommer sans se consummer, c’est encore l’individu qui choisit, la consommation n’a pas de morale : la consommation c’est ce qu’on en fait.
Elle est aujourd’hui une soupape qui permet à l’individu de retrouver une certaine unité. Le consommateur est irrationnel, l’individu est subjectif. Les marques se doivent de le comprendre, nos politiques aussi.


[+/-]  Le 10 avril 2006 - 14:37 Sabine a dit :

Et si nous prenions le temps de nous poser.

Nous predrions un peu de temps au départ, mais nous en gagnerions certainement beaucoup à l'arrivée. Lorsque que l'on se penche sur un ordinateur la première fois, il est necessaire de prendre le temps de comprende, d'assimiler de digérer et le miracle se produit, on gagne un temps fou et surtout on est bien plus efficace.

On devrait avoir la presse du jour et la presse de l'année, qui nous permettrait de constater les incohérences de la presse du jour. La presse du jour joue sur du velours en surfant sur les frayeurs des uns et des autres, c'est trop facile!!!

Concernant la justice, c'est la même chose, la sérénité et le temps permettraient à chacun de faire bien mieux son travail, sauf que dans ce domaine, le temps perdu pour avoir voulu aller trop vite ruine des vies entières.

En même temps, on ne peut pas aller contre l'évolution technologique et un besoin de consommation toujours accru.Mais on peu posséder un téléphone portable et l'éteindre de temps en temps, on peut travailler par email et accepter d'attendre pour recevoir une réponse qui tient la route, on peut prendre l'avion et se poser en arrivant.

Notre époque marque certainement la fin d'une période et le début d'une autre, mais n'est ce pas simplement normal ?
n'est-ce pas le cas de chaque époque ?

Je crois qu'un peu de bon sens et pourquoi pas d'analyse des époques passées nous permettraient d'envisager des solutions.

[+/-]  Le 11 avril 2006 - 19:00 Mariana a dit :

Je me disais aussi, "c'est bizarre il nous parle pas du CPE". Voilà qui est fait, et plutôt bien fait.

Tout à fait d'accord sur les lunettes "à mourir de rire" du Président et bravo pour la finesse de l'analyse du "message qui ne passe pas" en echo au disfonctionnement technique du début d'intervention !

Alors par contre, faudra quand même penser à nous expliquer mieux ce que vous entendez par : " le besoin de ressentir et de communier" contre un contrat qui d'après vous réduisait la vie "à la sphère du travail". C'est pas très clair votre truc là.

Bref, le CPE c'est fini, il aura au moins eu le mérite d'ouvrir un débat sur la "flexibilité" qui semble diviser les français.

A part ça je pense que Ségolène suit votre blog parce que le lendemain de votre (légitime) agression dans une note, elle faisait la une de tous les hebdos.
Avec cette phrase magnifique dans le Nouvel Obs : "Mon programme est en devenir"... A un an des présidentielles, il est tant qu'il devienne quelque chose, en effet.

Sinon...

Vous nous parlez d'une époque qui s'achève. Oui, enfin disons, qu'on a touché le fond, qu'on ne va plus dans le mur mais qu'on y est (ratatinés, ecrabouillés) et je me demande bien comment on va s'en sortir avec votre théorie du "verbe", de "l'action" et de "l'utile". Sans parler de Nietzsche et de son idée de la vie comme une oeuvre d'art. Les étudiants "grévistes" (la blague) y zont pas dû lire Nietzsche parce que eux la vie ils la voient pas comme ça du tout. La vie, si je comprends bien, c'est un CDI tranquilou, un petit crédit à la consommation (consummation?), une jolie voiture (une Toyota si possible),... la place pour la créativité là-dedans, vous m'en reparlerez....
C'est un peu caricatural ce que je dis mais parfois il faut un peu stigmatiser les discours pour voir l'absurde qui existe des deux côtés de la pensée.
J'aurais bien aimé, je crois, que vous parliez un peu de la précarité, de dce terme, ce qu'il recouvre, ce qu'il nous dit vraiment. Parce qu'au fond, la chose la plus précaire qui soit n'est-ce pas simplement la vie elle-même : on est là puis on est plus là... C'est Platon, c'est Nietzsche et quelques autres encore.
Et puis si on arrâtait un peu d'avoir peur de tout, on sortirai de l'impasse, j'en suis certaine.
Pour ma part, (travailleuse "free lance" et donc précaire) je n'ai pas peur de me mettre en danger, et en d'autres temps, de me servir de l'entreprise autant qu'elle a cru se servir de moi...

Ils sont trop sérieux...non?

Je m'échauffe, je m'échauffe, mais je vois que vous êtes quelqu'un de bien. Continuez à nous faire penser !

Comme disait PPD au Guignol l'autre soir : "Voilà onze ans que la France n'a plus de Président, bonsoir".

Bonsoir !

Mariana

PS: J'espère que vous allez lui offrir un poste chez Saatchi à Greg...Sa note le mérite !

[+/-]  Le 12 avril 2006 - 16:42 Greg a dit :

Merci Mariana !
(j'espère qu'il y pensera aussi!) ;-)